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La grande bleue..

8 juin 2011

était franchement marron ! et sale, très sale ! Tellement que je n’y ai même pas trempé l’extrémité d’un orteil. Dans le port de Sète, le regard pouvait juste deviner les pauvres poissons venus chercher de l’oxygène à la surface.

1116 km d’aventure puis retour au bercail Jurassien cette après midi après une très courte nuit dans un hôtel Sétois miteux aux murs de papier et à la chambre voisine occupée par un couple complètement bourré, excité et pas très discret.

Mardi, à l’extrémité du Larzac, j’ai rencontré Stef, jeans trop grand / tee shirt et pull-over, sur son vélo, équipement ultra minime placé dans un petit sac à dos et large sourire lui fendant la tête en deux : « je quitte Montpellier pour me diriger vers le nord, je compte travailler de ferme en ferme, et voyager un peu. Dis-moi Christophe, tu sais par ou ça se trouve St Étienne d’Albagnan ? » . « J’ai pas de duvet MAIS, j’ai mieux : j’ai une parka bolivienne ! et puis, j’ai aussi une boussole »…profite bien l’ami.

J’ai aussi rencontré monsieur X, au bord du col du vent, la soixantaine bien entamée, sur son vélo de course en carbone qui se glissait un journal sous la veste : « c’est la meilleure méthode… ! ». « Tu vas vers Sète ? Ok, tu dois d’abord passer par Fos sur machin et ensuite tu tournes à droite direction …. et tout droit jusqu’au croisement. ensuite tu bifurques vers … et .. tu me suis ???. non, bon, pas grave, tu vas tout droit et tu verras bien, salut mon grand ! »

L’émotion a été forte en voyant la méditerranée de loin et la déception grande en la voyant de prés.. La déconvenue a cependant été de courte durée en voyant la flopée d’échoppes achalandées en bières de toutes sortes à portée de main (sympa la bibine Japonaise).

Installé confortablement dans la galerie de Lyon Part Dieu cette après midi, j’ai pu observer mes congénères aller et venir l’air pressé, les bras chargés de sacs plastiques et de boîtes de toutes les couleurs et l’air à moitié satisfait ; portable à l’oreille pour la plupart. J’étais juste un peu déconnecté et à cent mille lieues de tout ça. J’aime cette petite phrase entendue dans un reportage diffusé sur ARTE raconté par un gars qui traversait le lac Baïkal :

 « Le silence, le froid et la solitude sont trois produits de luxe que le monde bruyant, réchauffé et surpeuplé convoitera demain, d’avantage que l’or et l’argent »…

Mon matériel a été fortement sollicité et même s’il a commencé à déconner après le 1001e km (véridique !), (dérailleur explosé, roulements qui grincent, plaquettes de frein usées et câbles en fin de vie..), il a répondu à mes attentes pour ce périple de plus de 1100 km, de chez moi à chez moi en passant par le massif central avec pour fil conducteur la GTMC qui emprunte quasi exclusivement des chemins.

J’ai rencontré beaucoup de monde au cours de ces 3 trop petites semaines : des aventuriers, des sportifs, des digestifs, des contemplatifs, des admiratifs, des illuminés, des cools, d’autres qui considèrent que la vie est avant tout un problème à résoudre, ou encore des hommes débordés et parfois hautains. J’ai discuté avec des individus de tout age, un peu dégoûtés du présent, largement inquiets pour l’avenir et souvent bouffés par le quotidien.

J’ai reçu beaucoup de messages personnels et je vous remercie sincèrement pour la chaleur dégagée.

Je vous encourage sincèrement à prendre la tangente.

Amicalement, Christophe

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Jolly jumper

7 juin 2011

Hier, au km 1001 en fin de journée, je me suis pris un caillou gros comme un parpaing ; le dérailleur s’est pris dans les rayons et a fini sa course presque à la vertical de la roue…Stop net en pleine descente !

C’est alors que mes chakras se sont fermés, un à un.  J’ai commencé par hurler, contre moi, contre la GTMC, contre ces p..de cailloux de m.., contre ces mouches qui commençaient à arriver par wagons entiers pour me sucer la sueur et tournoyer comme des vampires autour de ma tête, et même contre Jolly Jumper.

J’ai continué à pied sur 2km pour arriver à mon point de bivouac puis je me suis posé pour commencer à rallumer mes voyants, un par un.

J’ai désincarseré le dérailleur pour l’enlever complètement. Puis j’ai enlevé la chaîne et l’ai largement raccourci pour la rendre fixe sur le 2e plateau et le 4e pignon.

Puis douche, double ration de pattes et de soupe à la tomate / vermicelles, lecture et gros dodo.
Je suis reparti ce matin 8h00, d’un haut plateau désert du Larzac pour une bonne étape de 85km avec un dérailleur fixe, calibré pour le plat.

J’ai vu la mer de loin à 12h54.. Et là je suis en route pour SETE. Il me reste une bonne 20 taine de km pour me tremper les pieds. Je suis dans un magasin SFR et je tapote sur un iPad.

Il est temps pour moi de repartir, j’y suis presque.

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Quelques photos (pâle reflet de la réalité)

5 juin 2011

Le luxe c’est d’être seul et d’avoir le temps.. (S. TESSON) ; je compléterai par :  et d’avoir des enfants, puis des amis, quelques amis, sincères.

Salut à tous !

Pleins de choses à dire mais j’ai laissé mon tel dans un camping à 60km en arrière (sans commentaire ).

Aux nouvelles:
-très très froid !
-traversée des causses mejan:  vent – froid – solitude – désert… L’endroit est grand et majestueux !
– grosse chute ; dérailleur tordu. 1 h pour le remettre à peu près d’aplomb mais ça merdouille franchement

– montée du mont AIGOUAL  ( 44,12136N,  3,58113E) ! arrivée au sommet hier soir à 19h15 dans …. le froid et le vent comme d’hab. La vue est splendide. Normalement on voit la Méditerranée mais le ciel était un peu bouché.  Olivier, tu as raison : ce mont se mérite..
– 917 km au compteur ; ça tire dans les cuisses.

– petite étape dimanche et repos cette après midi ;

Je mettrai des nouvelles à l’occasion.

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De 29 à 2 (degrés).

2 juin 2011

Dans la Margeride et dans les Cévennes, il me semble que tout est démesuré, peut être un effet secondaire du vent et de la solitude.., l’accueil des gens du pays, la cuisine locale riche, la nature rude, verdoyante, sauvage ; le terrain rugueux, changeant, accidenté et le climat ! 
Hier, j’ai eu droit à de la neige par épisodes et à de la pluie quasi constamment avec un vent terrible.
Et comme je n’ai qu’une tenue d’été avec un shorti rikiki mini, et ben … ça caille !
J’ai été obligé de m’arrêter mercredi en début d’après midi, malgré mon envie pressante d’échapper aux gros nuages noirs qui me poursuivaient, car mes pouces ne parvenaient plus à actionner les manettes des gaz, le bout de mes doigts était insensible et mes tendons d’Achille soumis au vent commençaient à gripper sérieusement. 
Me suis donc arrêté dans une petite auberge ou un couple m’a accueilli pour le gite et le couvert malgré le fait que j’étais à sec ( pas de distributeur dans le coin) . Meme réchauffé je n’ai pas pu repartir car le vent était vraiment violent; le matin il m’avait  projeté quelques fois sur le bas-coté.

Je suis reparti ce matin à la fraiche pour 57km avec un bon petit dénivelé. 

Un truc: pas de balisage dans le parc des Cévennes… une erreur d’orientation m’a envoyé directement ici, au PARADIS , dans le petit camping de Lucile… ( elle connait tout du coin et des recoins : fleurs, géologie, (jardinage accessoirement), petites bêtes, culture du pays, etc…); un plaisir à écouter. 

Grosse plâtrée de pattes, saucisson local pour entretenir mes abdos surdimensionnés, tisane et bientôt dodo. 

 Je ne raconte pas tout mais j’ai fait quelques rencontres très sympas sur ces 2 jours dont Manu, qui m’a pris en stop (pour trouver un distributeur à 20 bornes ); un épisode qui vallait de l’or: rock’n roll à donf dans sa R12 d’époque, et qui s’en allait crapahuter sur un festival.. ). Je le salut bien bas, un vrai jeune homme super cool avec le cœur sur la main. 
Demain je reste dans les Cévennes; si j’écoutais  Lucile, mon périple s’arrêterait ici, dans les Cévennes , terre de Stevenson, et centre de la France..

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DEMERDEZ VOUS ..

31 mai 2011

« Démerdez vous pour être heureux » clame le Père Jaouen.

Ce sacré saint Bonhomme a raison.
Aujourd’hui, j’ai atteint les 700 km. Je suis parti ce matin sous la pluie, j’ai arrêté ce soir sous la pluie. Aujourd’hui, le ciel était tellement bas que j’aurais pu le toucher du doigt en levant la main. J’ai eu droit au vent glacial qui m’a frigorifié jusqu’à l’os, j’ai commis nombre d’erreurs d’orientation pour cause de détournement des plaques de balisage, mes affaires sont trempées et je suis à poil dans mon duvet, planqué au fond d’une grange de la Margeride.
Je suis seul, je pense principalement à mes 3 enfants, et je suis heureux de cette dépense physique et de ce chemin parcouru (bientôt la moitié de la GTMC).

Certains penseront que je suis givré ou me réduiront à l’état primaire de bourrin décérèbré, chargé comme un baudet, gravissant cols et chemins boueux, tout comme peuvent le faire mes amis sportifs hollandais (..), mais je suis ici par choix. Je suis ici parce que je me suis démerdé pour m’extraire du quotidien, de devant cette TV immonde qui nous abreuve de cochonneries et de plublicités merdeuses et merdiques.

J’agis parfois au mépris des avis des uns et des autres mais qu’importe.. je suis fidèle à moi même et refuse de me plier à la logique d’une majorité de bites molles cachées sous d’impeccables petits pantalons bien repassé par leurs gentilles petites femmes.

Comme les hollandais je suppose, ou comme tous ceux qui s’en donnent la peine à la sueur de leurs fronts, je connais l’ivresse du randonneur qui atteint un sommet désert et verdoyant, même si au cours de sa journée il a été doublé par quelques voitures ou camions pressés à fond de 2e desquels s’échappent d’épaisses fumées noires.

Demain, je file en direction des Cévennes.

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Cantal – monts de la margeride

30 mai 2011

J’ai fini mon passage dans le cantal et j’ai entamé les monts sauvages de la margeride.

44,94620N, 3,38021E
Km 654- étape de 63km.

J’ai eu droit à la montée la plus dure de mon parcourt jusqu’à présent mais ça valait le coup: j’ai pu rouler sur une Crète magnifique balayée par le vent avec des points de vue superbes.
Je traverse des km et des km de forets, bordees par des prairies, c’est tres sauvage et ça ressemble à un terrain de jeu de loup.

Resolution: je vais essayer de prendre autre chose que des vaches en photo.

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Quelques nouvelles

29 mai 2011

Vendredi: 45,68424N, 2,82645E
Durant cette journée de 53km, j’ai recontré beaucoup de gens sympas.. Pour ne citer que Solange qui tient un restau routier et que l’autoroute a ruiné (m’a mis plein de fraise dans ma gourde) et puis le patron d’un tout petit restau, amoureux de la corse et rentrant du Gr20), là, j’ai dégusté un jambonneau sauce fromage local et pommes de terre… Le soir, j’ai dormi dans un micro camping ou le patron m’a préparé une truffeade pour 3 personnes que je me suis enfilée entièrement avant de me coucher, repu…
Il gèle la nuit ( faut gratter les parebrises) et heureusement que j’ai ma tente (3degrés inside).

samedi: 45,46098N, 2,90238E Étape de 59km
Dur dur… Lac de serviere très joli, me suis arrêté à Besse puis j’ai filé vers le lac pavot pour dormir sur la berge du lac de montcynère.
Les sentiers sont majoritairement fait de toutes petites pierres volcaniques dans lesquelles les pneus s’enfoncent. Il faut forcer pour s’en extraire à chaque coup de pédale.
Chute … J’ai un genou qui me fait assez mal. Pommade, ibuprofene..
Je dois aussi avoir quelques vertèbres déplacées.

Dimanche: 45,12854N, 2,96615E
61 km. J’ai connu aujourd’hui une étape (sur 10km) cotée « difficile »; je cerne désormais ce que ça cache: terrain franchement pourri, autant en côte qu’en descente).
Lorsque je descends sur Mac Adam et que je lache les freins, j’atteinds très rapidement les 55 / 60km/h avec le poid de la remorque…( contre 3km/h en montée).

J’ai quitté les puits de sancy pour entrer dans le cézalier.. C’est époustouflant ! Des prairies à pertes de vue, balayées par le vent, des vaches rouges superbes, des milans, des rouges queues, des alouettes, .. C’était tellement beau que ça m’a même fait couler une tite larme.
Dans ces moments de solitude intense, Alice vient toujours me chercher..

Je poursuis dans le Cantal..